Engageons-nous contre le sexisme ordinaire.

Le Saviez-vous ?

Depuis le 8 septembre 2016, une campagne de 6 mois a été lancée par le ministère des Droits des femmes pour lutter contre les pratiques alimentant un sexisme quotidien à l’encontre des femmes.

Qu’est-ce que le sexisme ordinaire ?

Le sexisme ordinaire désigne le fait de systématiquement ramener les femmes à leur sexe, quelles que soient les circonstances. C’est aussi qualifier de façon négative les comportements féminins et de façon positive les mêmes comportements au masculin : une femme qui pleure est émotive ou énervée, un homme qui pleure est qualifié de sensible.

Les remarques sexistes sont comme des icebergs dont la partie visible repose sur l’intolérance sexiste et la partie invisible sur la peur, dont le niveau est directement proportionnel à la virulence de la remarque et à son degré de vulgarité. Extrapolations des remarques racistes, les propos sexistes constituent un harcèlement moral et ne doivent pas être tolérées.

Dans le milieu professionnel, le sexisme ordinaire provoque beaucoup de dégâts chez les femmes en entamant la confiance qu’elles ont en elles. Même les femmes ont tendance à sous-estimer le sexisme.

 

Quelques chiffres éloquents !

Dans l’étude menée par CSEP et LH2 en 2013, plusieurs résultats interpellent :

Quatre femmes sur cinq considèrent que, dans le monde du travail, les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou comportements sexistes (contre 56% d’hommes);

90% des femmes salariées considèrent qu’il est plus facile de faire carrière pour un homme ;

La moitié des femmes a déjà entendu un « ma poule, ma cocotte, miss… » dans leur travail ;

54% des femmes salariées estiment avoir rencontré un frein professionnel en raison de leur sexe.

Lorsqu’elles expriment des prétentions salariales une femme sur trois les voit remises en question, contre moins d’un homme sur vingt.

 

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Du côté des recruteurs il y a de gros progrès à faire !

« Quoiqu’on en dise, il y a des métiers pour les hommes et d’autres pour les femmes… c’est comme ça, c’est tout ! ». Ces propos qui semblent venir d’un autre temps ont été prononcés par une directrice RH interrogée par le Cereq, au cours d’une enquête sur les clichés sexistes des recruteurs. Et les résultats de l’étude, publiés dans le bulletin d’octobre 2013 de la Cereq, sont préoccupants : sur 30 recruteurs interrogés, seuls deux ont affirmé ne pas prendre en compte le sexe du candidat.

Et ce, pour de nombreuses raisons…

Tout d’abord, il semble évident pour les recruteurs interrogés, que certains postes sont forcément «genrés ». Ainsi, le PDG d’une TPE, explique : « On n’a pas beaucoup de femmes commerciales parce que c’est un métier très difficile, il n’y a rien d’acquis, et puis il y a des objectifs à atteindre ! (…) Les femmes ont peut-être un peu plus besoin de sécurité. »

Il arrive aussi qu’on les dirige vers certains emplois pour leurs qualités « 100% féminines », tel que l’instinct maternel ou la douceur.  Un directeur d’exploitation d’une TPE explique notamment que la « tendance pouponnage » des femmes font d’elles d’excellentes managers.

Enfin, autre tendance des recruteurs révélée par l’enquête : ramener les femmes à un statut de mère. « C’est vrai que si je dois choisir entre un homme et une femme en short-list, je choisirais plutôt l’homme... Le fait que les femmes soient en congé maternité ou parental déstructure l’organisation de la société. (…) Je trouve que les jeunes d’aujourd’hui, et notamment les jeunes femmes, sont peu motivées par le travail. Elles ont plus pour objectif de fonder une famille que de faire carrière » se justifie le directeur d’une PME.

L’essentiel serait peut-être d’enfin parvenir à sélectionner quelqu’un pour un emploi, non plus pour les qualités soi-disant « relatives » à son sexemais pour ses qualités propres En vue des propos tenus par l’ensemble de ces RH, Il semble que le plus gros du travail reste encore à faire !

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Comment réagir à une remarque sexiste ?

La meilleure façon de répondre à une remarque sexiste, c’est de demander à la personne émettrice de répéter ses paroles (qu’elles soient misogynes ou misandres). Demandez-lui d’expliquer ou de clarifier ses propos : « Pardon ? « , ou bien « Pouvez-vous s’il vous plaît préciser ce que vous venez de dire ?  » ; le tout suivi d’un regard soutenu.

Ne cédez surtout pas à l’agressivité. Au contraire, adoptez un ton et une posture neutres, et regardez la personne droit dans les yeux. Plus votre ton sera neutre, voire humble, plus il lui sera difficile de répéter ses propos. Le plus souvent, votre interlocuteur s’excusera de façon plus ou moins directe : « Mais non, c’est une blague, je voulais dire simplement… » Ne répondez pas, mais soutenez votre regard, puis enchaînez sur un autre sujet.

 

Hommes et femmes doivent s’allier pour mettre fin au sexisme !

L’identification du sexisme doit susciter une réaction comportementale de désaccord visant à remédier au problème. Il faut savoir cependant que la confrontation peut avoir un coût. Les confrontateurs sont parfois perçus comme des fauteurs de trouble et leur action attribuée davantage à des traits de personnalité non désirables plutôt qu’aux comportements des auteurs d’actes sexistes.

Néanmoins, les confrontateurs sont jugés plus positivement que les confrontatrices, car leur comportement est perçu comme plus sincère et désintéressé. Pour cette raison, il est extrêmement important que les hommes, particulièrement ceux associés au groupe dominant, confrontent sans craintes les auteurs d’actes sexistes. Un allié a la possibilité de générer un effet boule de neige qui amènera les observateurs à développer leur capacité à identifier le sexisme, ainsi qu’à réagir de manière adéquate lorsqu’ils en auront l’occasion.

Les entreprises peuvent amener leurs employés à devenir des alliés. Pour ce faire, elles doivent les sensibiliser à la prévalence du sexisme à travers des formations et les encourager à rejeter les croyances visant à maintenir le statu quo.