Mois de l’environnement by Konscious | Du 13 septembre au 15 octobre 2021


Comment renouveler sa garde-robe de manière éco-responsable ? Comment être à la mode tout en pensant à la planète ?  

Ce sont des questions que se posent de plus en plus d’entre nous… D’après différentes études, la préservation de l’environnement arrive même en tête des sujets de préoccupation des 18-30 ans, la première cible des enseignes de mode. Les entreprises du secteur ont donc décidé de changer ou adapter leur business model, certaines en ont même fait leur marque de fabrique.

Cet article vous propose un petit tour d’horizon de quelques marques et actions coup de cœur, même s’il n’est évidemment pas possible d’être exhaustif (et tant mieux pour nous ! ).

 Il y a d’abord les matières  

Les entreprises se concentrent sur des matériaux bio, recyclés, repoussant sans cesse les innovations technologiques mises au service de la production. A Marseille, Corail est une jeune entreprise qui fabrique des chaussures à partir de bouteilles en plastique récupérées en mer. On achète désormais des chaussures en cuir « vegan », qui n’est pas vegan à proprement parler, mais dont la fabrication se base sur des processus de recyclage, et des techniques moins polluantes. 

Enfin, dans la Silicon Valley, les chaussures Allbirds sont notamment fabriquées à partir de TrinoXOTM qui est le premier tissu vestimentaire à utiliser de la fibre de chitosan pure, un chasseur d’odeurs naturel récolté à partir de… coquilles d’araignée de mer.  

Les méthodes sont également sans cesse renouvelées 

La précommande pour éviter la surproduction, tel est le modèle adopté par Asphalte. Ils proposent tout d’abord un questionnaire leur permettant d’identifier les besoins de l’acheteur afin de fabriquer le produit le plus adapté (qui ne finira donc pas en invendu), et le plus durable possible, afin de réduire leur impact environnemental. La fabrication des vêtements n’est ensuite lancée que sur commande.  

è Des pratiques éthiques : dans le cas de Corail, les fondateurs ont trouvé un moyen de rémunérer également les pécheurs marseillais qui contribuent à leur fournir leur matière première, les bouteilles flottant en mer. Un moyen de contribuer à l’eco-système local. De la même manière, la marque plus connue Veja est réputée pour produire des chaussures de façon éthique et utiliser des pratiques commerciales équitables, mais aussi, en association avec une organisation caritative, aider les personnes défavorisées à se réintégrer dans la société par le travail 

è Enfin, l’indispensable transparence sur les méthodes de fabrication et origine des matières premières : tout consomm’acteur veut connaître, savoir ce qu’il achète et son impact indirect sur notre planète. Exemple sur le site de Maison FT lien 

 La relocalisation des sites de production : le choix entre le 100% Made in France et le Portugal, l’eldorado de la production européenne

Se lancer dans le textile éco-responsable, c’est également remettre en question les conditions de travail déplorables autorisées par certains pays à bas coût (Chine, Bangladesh…), où les tissus sont souvent de mauvaise qualité.  Certains acteurs, principalement français, choisissent de produire en France (Cocorico, Archiduchesse, Ector…) ,  

Mais de nombreuses marques comme Mr. Marvis (Bermudas), Pétrone (sous-vêtements), Goudron blanc (t-shirts), se tournent vers l’eldorado du Portugal : Laurent Marionnet, directeur de la Chambre de commerce franco-portugaise, le justifie par le fait que les gens y ont l’opportunité de « trouver une main-d’oeuvre très qualifiée et deux fois moins chère qu’en France », « dans un pays bénéficiant d’infrastructures développées, où la fiscalité est avantageuse et où le taux de chômage est l’un des plus bas d’Europe ». Notons également que vos vêtements feront moins de trajet de transport et représenterons un impact plus faible en termes d’émission de CO2.  

 A ce stade, on sent réellement les progrès d’une société qui commence à intégrer les enjeux d’éco-responsabilité à son quotidien.  

Malheureusement, le pendant de ces initiatives est évidemment de ne pas tomber dans le « greenwashing ». Des géants de l’industrie lancent également leurs produits éco-conçus : Adidas, par exemple, a annoncé son projet de Futurecraft loop, une basket recyclable à l’infini. En 2015, ils avaient déjà lancé Adidas x Parley utilisant du fil fabriqué à partir de plastique rejeté dans les océans. L’effort est louable, mais certains reprocheront à ces géants de mettre en avant ces initiatives plutôt que de se lancer dans une relocalisation des usines de production dans des pays aux pratiques éthiques… Voyons-nous le verre à moitié plein, ou à moitié vide ?  

En tout cas, on peut mettre au crédit de ces grandes marques leurs initiatives (et communiquent abondamment bien sûr) en termes d’upcycling. Par exemple récemment, Lise Charmel, Jennyfer et Adidas, ont noué des partenariats avec Veepee Green afin de permettre aux consomm’acteurs de renvoyer leurs vêtements usés et recevoir en échange des bons d’achat à utiliser dans les magasins ou sur les sites e-commerce… Les pièces légèrement usées seront remises en circulation et les plus abîmées seront recyclées. 

Enfin, penser à la planète c’est avant tout se poser les bonnes questions avant d’effectuer un achat, éco-responsable ou non. 

Clémentine Mossé, présidente fondatrice de l’association The Greener Good, nous rappelait lors d’un précédent Meetup #Konscious les techniques 5R ou BISOU, qui permettent au consomm’acteur de bien réfléchir avant de se lancer dans leur process d’achat…  

A lire absolument avant votre prochain craquage  :

Les 5 R

  • Refuser è Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas… Cela s’applique un peu moins aux vêtements, même s’il arrive d’accepter des t-shirts promotionnels lors d’évènements sportifs, étudiants… Il convient par ailleurs de refuser au maximum le sac plastique dans lequel le vendeur met le vêtement acheté
  • Réduire è n’acheter ses vêtements qu’en fonction de nos besoins, et pas sur un coup de tête
  • Réutiliser è Ressortir ses anciens vêtements, les modes changent, vive le vintage !
  • Recycler è le concept d’upcycling décrit plus haut
  • Rendre à la terre, i.e. composter è moins applicable aux vêtements, mais pensez à mettre dans votre compost les morceaux du carton de vos chaussures 😊

BISOU

  • Besoin : à quel besoin cet achat répond-il ?
  • Immédiat : puis-je attendre quelques jours avant de me décider ?
  • Semblable : ai-je déjà un vêtement qui a déjà cette utilité ?
  • Origine : quelle est l’origine de ce produit ?
  • Utile : ce vêtement va-t-il m’apporter un confort primordial ?

 

Ecrit par Frédéric COHEN, Chef de projet & Membre de Konscious 

Cet article est le fruit de recherches et/ou de retours d’expérience des membres Konscious. Il a pour but de sensibiliser un maximum de personnes aux enjeux environnementaux sans prétendre proposer une expertise du sujet.