Le harcèlement moral se caractérise par des actes répétés pouvant entraîner, pour la personne qui les subit, une dégradation de ses conditions de travail avec pour conséquences : une atteinte à ses droits et à sa dignité, une altération de sa santé physique ou mentale, ou une menace pour son évolution professionnelle.

Attention : l’employeur a un pouvoir de contrôle, de direction et disciplinaire. Ainsi, il peut donner des ordres, contrôler le travail des salariés, adresser des critiques si celles-ci sont justifiées, prononcer une sanction, ne pas accéder à certaines demandes s’il le justifie sans qu’il s’agisse pour autant de harcèlement moral.

1. Savoir reconnaître le harcèlement moral

Qui harcèle?

Dans l’absolu, tout le monde peut être l’harceleur de quelqu’un. L’harceleur peut donc être un collègue, un supérieur, l’employeur lui-même. Quand il résulte de mauvaises méthodes de travail, on parle de harcèlement managérial.

Comment se manifeste-t-il?

Le harcèlement moral se présente le plus souvent par du dénigrement, de l’intimidation physique ou orale, des sanctions injustifiées, la mise à l’écart (on ne communique plus avec la personne, on l’isole du groupe, on ne lui confie plus de dossiers ou on lui en retire, on ne l’invite plus aux réunions) ou à l’inverse la surcharge de travail jusqu’à ce que cela devienne insurmontable.

Quels sont les symptômes ?

Ils sont très variés et peuvent être à la fois mentaux et physiques. Au niveau mental, on trouve souvent la perte du sentiment d’utilité sociale, la perte d’aisance dans les relations avec les autres. Au niveau physique, l’hypertension, la prise de poids, les insomnies, les problèmes digestifs sont très fréquents.

2. Savoir agir

Qui peut agir?

La personne harcelée évidemment mais aussi un collègue, témoin au quotidien de la situation Si vous êtes victime de harcèlement moral, vous pouvez bénéficier de la protection de la loi, que vous soyez salarié, stagiaire ou apprenti. Et les personnes qui dénoncent le harcèlement moral ne peuvent pas être sanctionnées pour ce motif. Les sanctions sont uniquement autorisées si le dénonciateur est de mauvaise foi, et qu’il fait la dénonciation dans le seul but de nuire.

A qui en parler?

Evidemment il faut en parler. La situation ne pourra pas s’améliorer autrement. Mais au-delà des collègues qui seront très certainement aussi démuni que la victime, il y a 2 interlocuteurs que qui peuvent être contacter facilement.

Le médecin du travail : il va recueillir les éléments factuels (liens avec le travail et symptômes) et les ajouter au dossier médical. Avec l’accord du salarié, il pourra alerter la direction afin qu’elle prenne des mesures.

Le CSE : Et plus particulièrement le référent harcèlement (Jérôme Jorre chez Klanik) qui va recueillir le témoignage puis enquêter. Il dispose d’un droit d’alerte pour prévenir l’employeur.

Comment le prouver?

Comme il est lié à des ressentis, le harcèlement moral est souvent très difficile à prouver. Cela peut être la parole de la victime face à celle de l’harceleur. Mais en réunissant un maximum de preuves (mails, SMS, témoignages écrits de collègues, certificats médicaux), il y a plus de chance de présumer le harcèlement.

Attention les enregistrements audio/video réalisés sans l’accord des personnes concernées ne sera pas toujours recevable.

3. Connaître les sanctions

Il y a deux types de sanctions possible face au harcèlement moral et elles peuvent se cumuler : celles prises par l’employeur et celles prises par la Justice.

  • Sanctions de l’employeur

L’employeur peut prendre des sanctions disciplinaires allant de la mutation au licenciement en passant par la mise à pied

  • Sanctions de la Justice

La Justice peut punir une action de harcèlement moral jusqu’à 2 ans de prison et 30000€ d’amende. L’harceleur peut en plus être condamné à verser des dommages et intérêts à la victime

Mais le harcèlement moral ne s’exerce pas qu’au travail. Il est également présent à l’école. On parle alors de harcèlement scolaire.

4. Et dans le cadre scolaire ?

On parle de harcèlement scolaire « […] lorsqu’un élève est exposé de manière répétée et à long terme, à des actions négatives de la part d’un ou plusieurs élèves » (Dan Olweus,1999).

Ces actions négatives où plutôt violences, peuvent être verbales ou non (moqueries, insultes, gestes, etc.), physiques (coups, etc.) ou encore psychologiques (rumeurs, mise à l’écart, etc.).

Il présente une dynamique différente des autres formes de harcèlement car il s’agit presque toujours d’un phénomène de groupe dans lequel le(s) harceleur(s) ne trouve(nt) d’intérêt de nuire et faire mal que dans le regard des autres.

Aujourd’hui, le harcèlement scolaire revêt 3 caractéristiques principales :

  • La répétition : la ou les violences sont répétées, réitérées régulièrement sur une longue période
  • La violence : Un rapport de domination et de force se met en place, il y a une prise de pouvoir d’un enfant ou groupe d’enfant sur un autre.
  • L’isolement de la victime : souvent isolée, plus petite, faible physiquement et dans l’incapacité de se défendre.

Il se fonde sur la stigmatisation de certaines caractéristiques et le rejet des différences telles que :

  • L’apparence physique
  • Le sexe, l’identité de genre
  • Un handicap
  • Un trouble de la communication
  • L’appartenance à un groupe social ou culturel particulier
  • Des centres d’intérêts différents

Si, par le passé, le harcèlement scolaire s’arrêtait à la grille de l’établissement, aujourd’hui ce n’est plus le cas. En effet, avec les réseaux sociaux, ce dernier se poursuit jusque dans les foyers et devient encore plus dévastateur qu’il ne l’était.

5. Comment reconnaître le harcèlement scolaire ?

L’enfant est en état de stress chronique de par la violence permanente, répétée, imprévisible qu’il subit et qui menace son égo et donc sa construction personnelle. S’il n’est pas repéré à temps, le harcèlement peut mener l’enfant à une détresse psychologique intense et même au suicide.

Les symptômes souvent associés au harcèlement chez l’enfant sont :

-En termes de comportement

  • Tristesse, déprime
  • Isolement, repli sur soi, diminution de l’intérêt pour les activités
  • Irritabilité, excès de colère
  • Comportement imprudent ou autodestructeur
  • Evitement des éléments rappelant la situation à fuir
  • Tendance à se blâmer, croyances négatives exagérées au sujet de soi
  • Etc…

-En termes de santé

  • Somatisation (maux de ventre, de tête, eczéma, etc.)
  • Troubles du comportements alimentaires
  • Difficultés de concentrations (perte de d’attention et de mémoire)
  • Difficultés de sommeil

-Dans l’environnement scolaire

  • Baisse des résultats et désinvestissement scolaire
  • Absentéisme
  • Modification du comportement

6. Comment réagir ?

Si vous pensez connaître un enfant victime de harcèlement scolaire, voici les différents comportements à adopter et actions à mener pour bien réagir, que vous soyez parents, camarades, professeurs, etc.

Ecouter :

La première chose à faire c’est l’écoute. En effet, vivre une telle situation n’est pas chose facile, et l’enfant aura des difficultés à vouloir se confier. Tissez avec lui une relation de confiance, montrez-lui que vous êtes attentif à ce qu’il raconte, et que vous le croyez. Dans la mesure du possible, essayez d’identifier les situations de harcèlement dont il a été victime et notez la nature : où, quand, etc. Demandez-lui également s’il possède des preuves tels que des SMS, des messages sur les réseaux sociaux, etc.

Donnez-lui également quelques conseils qui lui permettront de pouvoir agir si cela se reproduit (personne à contacter, etc.)

Alerter :

Dans un second temps, il est essentiel d’alerter les personnes concernées afin que cette situation cesse et qu’elle ne reproduise plus. Les personnes à alerter sont l’encadrement scolaire (professeur principal, directeur, etc.). En effet, il existe un protocole scolaire que le chef d’établissement devra suivre. Il sera également nécessaire de porter plainte contre le ou les auteurs de harcèlement.

©️ Lauranne NEVEU et Pauline TRAMUNT | Collaboratrices KLANIK