Dans cette troisième partie de la série d’article consacré au cloud computing, je traiterais des tendances majeures dans le cloud et de son impact sur la société.

Tendances dans le cloud Computing

Émergence du serverless

Si les conteneurs et le DevOps ont bousculés les pratiques et permis de gagner en efficacité, le serverless s’annonce comme la prochaine tendance majeure. Le Serverless consiste à offrir au client un environnement d’exécution du code applicatif sans qu’il n’ait à s’occuper de l’infrastructure (plus aucune gestion du matériel). Le fournisseur se charge intégralement de la montée en charge en cas au besoin. Cette approche peut s’avérer plus écologique car plus efficient en terme de consommation en énergie.

Le serverless étant une technologie relativement jeune, elle présente quelques inconvénients. La dépendance aux fournisseurs (à l’avenir, il sera probablement possible de migrer vers un autre fournisseur de serverless) et la supervision des applications sont des points d’amélioration.

Notons également qu’elle ne conviendra probablement pas à tous les cas d’usage. Pour autant, cette nouvelle approche promet de simplifier la mise en production pour un grand nombre d’usage.

Adoption de l’Intelligence Artificielle

L’Intelligence Artificielle (I.A.) devrait permettre à l’avenir une meilleure analyse/exploitation des données. Elle deviendrait une aide pour la prise de décision concernant les problématiques liés à l’infrastructure, la sécurité, la performance.

L’Internet des Objet

L’internet des Objets (IoT – Internet of Things) fait référence à l’environnement des objets connectés (du smartphone à des objets comme un thermomètre connecté en passant par les solutions de surveillance de maison connectés).

La gestion des données provenant des périphériques connectés reposant de plus en plus sur le cloud computing (qui s’est adapté à ces besoins spécifiques) ; l’internet des objets et le cloud cette devrait de plus en plus s’impacter mutuellement.

Impact sociétal

L’impact sociétal du cloud est de plus en plus présent que ce soit pour les particuliers ou les entreprises notamment via les plateformes web. Voici quelques-uns des secteurs amenés à croitre de l’avenir :

Achats en ligne

Faire ces achats en ligne est désormais chose commune. La grande distribution et les magasins spécialisés y voient désormais un levier de croissance incontournable. Carrefour s’est récemment associé à Google pour développer sa présence en ligne.

Dans le cadre professionnel

Le milieu professionnel s’oriente de plus en plus vers le cloud computing qui s’est adapté à ces besoins spécifiques. On peut citer l’exemple notable d’Airbus qui a décidé de se passer de l’environnement Microsoft Office pour privilégier l’équivalent G Suite de Google disponible sur le cloud.

Réseaux sociaux

Facebook, Instagram, Twitter sont quelques-uns des sites les plus consultés au monde. Le succès des réseaux sociaux n’est plus à démontrer et tend globalement à augmenter.

Stockage en ligne

Le stockage en ligne connaît également une croissance importante. Que ce soit depuis les périphériques mobiles ou les ordinateurs, le stockage en ligne est rentré dans les habitudes.

Streaming audio/vidéo

Que ce soit via des plateformes comme Spotify, Netflix, YouTube, le paysage audiovisuel connaît de profond changement. Le jeu vidéo devrait être impacté notablement touché par cette tendance via le streaming de jeux.

Impact environnemental

Je ne pourrais finir cet article sans mentionner l’un des enjeux majeurs du siècle en cours: l’impact énergétique et environnemental.

S’il est difficile d’évaluer avec justesse et méthodologie l’impact environnemental du cloud computing, les rapports entre autres de Greenpeace, de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) nous permettent d’avoir un aperçu.

Pour illustrer la consommation énergétique du cloud, évoquons quelques chiffres:

– La consommation des datacenters en France en 2015 s’élevait à 3Twh soit l’équivalent de la consommation de la ville de Lyon

– On estime que l’envoie d’un email avec pièce jointe de 1 Mo dégage 19 grammes de CO2 soit la consommation d’une ampoule durant une heure

Les datacenters consomment donc beaucoup d’énergie; d’une part pour fournir un service sans discontinuité mais également pour dissipé via la climatisation, la chaleur dégagée. O estime que la climatisation représente 50% de la consommation d’un datacenter.

On observe deux tendances en termes de consommation d’énergie. D’une part, l’essor des services en lignes, du Big Data, de l’IoT qui entrainent une multiplication du nombre de Datacenter dans le monde.

D’autres parts, la mutualisation dans des serveurs externes via le cloud permet non seulement une économie sur les couts comme vu précédemment mais également une économie de la consommation d’électricité pour les utilisateurs.

Si les principaux acteurs et fournisseurs du cloud computing se sont engagés à utiliser une énergie entièrement renouvelable à court terme, ils travaillent également à gagner en efficacité énergétique. Ainsi, la chaleur dégagée est de plus en plus réutiliser pour par exemple chauffer des bâtiments ou piscines.

Voici quelques autres mesures que les fournisseurs de services Cloud peuvent mettre en œuvre pour réduire leur consommation:

– Mettre en place des datacenters dans des régions bénéficiant naturellement d’un climat froid

– Mettre en place  des datacenters sous-marin (comme le teste actuellement Microsoft au large des îles Orcades, près des côtes nord de l’écosse).

Du coté des utilisateurs finaux, il y a également des mesures à prendre susceptibles de réduire de manière notable le bilan carbone de son usage des services Cloud:

–  Faire le tri dans ces emails et dans son stockage sur le Cloud afin de ne garder que le nécessaire

– Se désabonner des newsletters non utiles

– Compresser les pièces jointes de ces emails

– Eviter les requêtes inutiles sur les moteurs de recherche en sauvegardant les pages fréquemment consultées

– Utiliser un moteur de recherche (Ex.: Ecosia, Lilo) qui prône la compensation des émissions en finançant des projets sociaux, en plantant des arbres, etc.

– Eviter le streaming vidéo. Le visionnage d’un film en haute définition aurait un bilan carbone équivalant à la fabrication, transport et lecture d’un support physique.

Il importe donc que les fournisseurs et les utilisateurs agissent de manières coordonnées pour réduire l’impact environnemental. Il est possible pour les particuliers et professionnelles de vérifier l’impact de certains des services les plus populaires – un service de Greenpeace : http://www.clickclean.org/france/fr/