Pour s’améliorer, il faut d’abord apprendre à s’estimer. Il en est de même pour tout autre tentative d’amélioration. Pour améliorer son environnement il faut commencer par l’estimer, le comprendre.

Faire preuve d’estime de soi c’est aimer qui l’on est et être persuadé que l’on mérite les bonnes choses de la vie autant que les autres. De même qu’ estimer une organisation, c’est se mettre à sa hauteur pour en comprendre ses rouages, il faut lui donner les moyens de croire en elle, en sa capacité à rebondir, à explorer, se rendre capable du meilleur.

Se libérer du connu, de la compétition, c’est se rendre capable de s’estimer à sa juste valeur et placer le curseur des objectifs.

Comme l’individu, l’entreprise est souvent embourbée dans ses perceptions et pénalisée par sa propre image. A l’inverse, d’autres ayant une forte estime d’eux-mêmes, s’en trouvent largement avantagés car ces derniers prédisposent de tout ce dont l’être a besoin pour s’épanouir, se développer.

Il y a là une énorme différence dans les comportements qui mérite d’être éclaircie.

En effet, quelle est la véritable cause qui fait qu’un homme ou une organisation peut légitimement s’estimer, quelle serait sa part de liberté dans son auto-évaluation?

D’où vient notre capacité à devenir meilleur ?

L’auto-évaluation. Elle repose sur une sorte de baromètre révélant dans quelle mesure nous vivons en concordance avec nos valeurs. Se manifestant par un plateau d’émotions (fierté, dégoût, plénitude, frustration, etc.), le résultat de l’évaluation continue de nos actions affectent notre capacité à interagir et influe donc notre pouvoir à nous rendre meilleur, à améliorer notre environnement. À chaque action subjectivement importante, nous émettons un verdict à peu près dans ces termes: “ce que je fais est valable à mes yeux” ou “ceci n’est pas valable”. Dans le premier cas, l’action me valorise, alors que dans l’autre cas, je me sens dévalorisée. Si nos interprétations s’inscrivent immédiatement en mémoire, notre capacité à devenir meilleur s’attache elle aux concepts de soi, d’amour, de libre arbitre, du fatalisme, ou encore d’humilité, et pourquoi pas d’agilité ? En effet, dans un contexte en mouvance rapide, nos valeurs individuelles et organisationnelles se fragilisent. Je crois que des valeurs telles que la transparence, le courage, le focus, l’engagement, l’ouverture ou le respect sont d’excellents vecteurs d’auto-évaluation contribuant à notre amélioration. Ces valeurs promues par l’agilité sont aussi capables de stabiliser notre estime de soi, l’estime nos interactions, de nos entreprises, comme nous, en création permanente.

L’Origine?

L’estime de toute chose ne repose que sur une opinion; et même les faits pouvant être manipulés pour en traduire une situation elle aussi interprétée, nous comprenons là que l’auto-évaluation n’est qu’une inclinaison à se représenter la valeur d’une chose, d’un

événement, d’un individu ou d’une organisation. La volonté de partage en revanche, de feedback, d’user du bon en toutes choses, d’entreprendre, ou encore de pallier aux dysfonctionnements en suivant des principes ( c’est-à-dire, une palette de ce que le concept d’agilité nous propose), nous permettent de nous auto-élever.

Pour bien s’estimer, mieux nous comprendre et devenir meilleur, il nous faut reconnaitre le caractère alternatif en toute situation.

C’est aussi pour cela que l’Homme, au lieu de se soumettre ou de vénérer autrui, devrait commencer par s’estimer tout en devenant généreux (en apprenant par exemple à d’autres). Il participera ainsi à son propre renouvellement ainsi que de celle de l’organisation en perpétuelle amélioration.

Une liberté

Telle une indépendance intérieure, c’est une liberté qui nous permet d’oser être et de nous améliorer nous-mêmes, en tout temps. C’est ce qui nous permet de ne pas avoir besoin de nous durcir pour le faire ou de nier l’affection et l’estime que nous avons pour les autres.

Je crois que chaque personne aspire à cette liberté. Je crois même que chacun d’entre nous travaille assidûment à la gagner. Cette liberté correspond à l’idée qu’on se fait d’être bien dans sa peau: être à l’aise d’être soi-même, qu’on soit seul, ou en relation avec d’autres personnes, en entreprise.

Nous pouvons tous procéder au nettoyage de notre ego, éviter le désarroi :

1. Raviver, cultiver et partager vos valeurs

2. Comprendre et réévaluer le contexte dans lequel s’inscrire

3. Avancer à visage découvert, sans chercher à présenter son meilleur profil

4. Saisir les bonnes choses de la vie, et mettre en valeur le bon en tout

5. Mettre l’estime de soi au régime de temps en temps en acceptant d’être ordinaire, d’être un « plat du jour »

6. Ne pas dépendre de son image ou des pressions extérieures

7. Faire preuve de libre arbitre et de sa meilleure expression, la générosité

8. Recommencer mieux. Fortifier nos dispositions naturelles à devenir et rendre meilleur

En limitant la tendance au jugement, l’humilité facilite l’ouverture aux nouvelles idées, la réceptivité au feedback, l’intérêt pour tout ce qui ne va pas de soi. C’est également un probable facteur d’acceptation et de recherche de lien avec tout ce qui nous dépasse et pourquoi pas, de lien social.

L’amélioration commence par soi, mais pouvons-nous continuer à nous surpasser seul ?

L’expérience de la maladie, vécue en profondeur, fait finalement prendre conscience que l’existence n’est qu’un souci permanent et que notre pouvoir de devenir meilleur est une vertu à cultiver ensemble, en commençant par soi.

Prenez soin de vous.

Carole Pepe, 16 Dec 2018